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vendredi 24 juillet 2026

[CR AOFS] La croisade fongicide


La forêt de Blyse trembla une seconde fois, mais cette fois, la colère ne venait pas des profondeurs – elle descendait des cimes.

Les guerrières rousses de l’Alliance du Chêne Argenté déferlèrent comme une tempête de bois vivant et de feu végétal. Leurs corps étaient des enchevêtrements de ronces et d’écorce, leurs cheveux des lianes enflammées, leurs yeux des braises vertes sous des couronnes de feuilles d’argent. Elles ne portaient pas d’armure : leur chair était déjà forêt, leur peau était déjà écorce, et leurs lames poussaient directement de leurs membres, prolongements vivants de leur volonté de purification. Elles ne virent pas les pièges tissés entre les racines, ni les ombres accroupies dans les bosquets. Leur regard ne portait que sur les nœuds mycéliens, ces cœurs pulsants de la corruption fongique qu’elles avaient juré d’éradiquer.

Elles se ruèrent, aveuglées par la ferveur.

Mais Blyse ne se laisse pas prendre sans résistance.

Au loin, là où les champignons s’élevaient comme des tours de chair pâle et de spores luminescentes, un troll colossal se dressait. Gardien muet des zones fongiques, il était une montagne de muscle et de colère, armé de griffes capables de fendre le chêne le plus ancien. Deux silhouettes l’affrontèrent : l’Ancêtre Éternel, spectre de bois et de mousse, et le Revenant Éternel, esprit errant des anciens combats.

Le Revenant n’avait pas de forme propre. Il n’était qu’un souffle, une conscience désincarnée, vestige d’un guerrier tombé il y a des siècles. Pour toucher le monde, il lui fallait un corps. Et dans la forêt, les corps ne manquaient pas.

Lorsqu’il approcha d’un arbre massif, foudroyé jadis mais encore debout, l’esprit s’y engouffra. L’écorce se tendit, les fibres gémirent, et le tronc se dressa sur des racines devenues jambes. Les branches s’allongèrent en bras noueux, les feuilles se changèrent en éclats de verdure tranchante. Le Revenant avait trouvé son avatar : un colosse de bois vivant, animé par une volonté venue d’ailleurs, capable désormais de combattre dans le monde réel.

Le combat fut un cataclysme.

Chaque coup du troll faisait trembler la terre, chaque assaut de l’arbre possédé par le Revenant déchirait l’air. L’Ancêtre invoquait des ronces spectrales, le Revenant poussait son avatar végétal dans une charge inexorable. Mais le troll tenait bon, enraciné dans sa fureur, jusqu’à ce qu’une onde de pouvoir sauvage ne traverse le champ de bataille.

Nyx, le chaman gobelin, se tenait sur une butte de mycélium, les bras levés vers le ciel.

Une pluie de sorts s’abattit sur les rangs de l’Alliance.

Des éclairs de chlorophylle, des nuées de spores corrosives, des cris de champignons sensitifs explosant comme des grenades vivantes. Les dryades rousses, surprises par la violence de cette contre-attaque, virent leurs membres de ronces se fissurer, leurs écorces se couvrir de moisissures, leur ferveur se briser sous le poids d’une réalité : elles avaient sous-estimé leurs ennemis.

La bataille tourna.

Ce qui avait commencé comme une purge devint un massacre.

Les guerrières ronces, incapables de soutenir l’assaut, durent reculer. Leurs corps de bois et de lianes craquaient sous les sorts de Nyx, leurs formes se déliaient comme des fagots trop vieux. Elles abandonnèrent le terrain, laissant derrière elles des nœuds intacts, des sœurs tombées en poussière végétale, et l’écho amer d’une défaite qu’elles n’avaient pas voulu voir venir.

Korg, l’Orc Rouge, se dressa au centre du champ de bataille, sa lance fumante encore tiède de sève et de résine brûlée. Autour de lui, les gobelins poussaient des cris de victoire, célébrant une défense qui s’était muée en triomphe.

Mais la forêt, elle, ne célébrait rien. Elle observait.

Car au cœur de Blyse, dans une clairière où la lumière ne touchait plus le sol depuis des siècles, l’Alliance du Chêne Argenté se reformait.

Les survivantes avaient rejoint les forces d’élite, celles qui n’avaient pas encore goûté à la honte de la retraite. Les druides les plus anciens, ceux dont les noms n’étaient murmurés que dans les rites interdits, avaient été convoqués. Ils traçaient des cercles de cendres et de sève autour d’un tronc mort, debout malgré les ans, dont les racines plongeaient si profondément qu’aucun vivant ne pouvait en voir la fin.

Ils chantaient.

Un chant grave, lent, qui semblait faire vibrer non pas l’air, mais la terre elle-même.

Et dans les profondeurs, quelque chose répondit.

Un lent craquement, comme si une montagne se réveillait. Une ombre plus ancienne que les arbres, plus vaste que les racines, commença à remuer sous l’écorce du monde.

L’Alliance ne voulait plus seulement purifier.

Elle voulait invoquer.

Et dans les silences entre les notes du chant, un nom fut prononcé, une seule fois, assez fort pour que les branches elles-mêmes se courbent :

l’Ancêtre Racine.

Nul ne savait ce qui adviendrait si cette entité se dressait à nouveau. Certains disaient qu’elle avait jadis protégé Blyse. D’autres, qu’elle l’avait presque détruite.

Mais alors que les gobelins célébraient leur victoire, et que Korg essuyait sa lance d’un geste lent, une vérité s’inscrivait dans l’ombre grandissante sous les racines :

la guerre pour Blyse ne faisait que commencer.

Le scénario utilisé 

A suivre...


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